Nantes : 405 détenus pour 291 places
« Les menaces de mort, les insultes, c'est quotidien. On rencontre beaucoup de détenus qui ont des problèmes d'addictions (drogues, alcool...). Et ils sont de plus en plus nombreux à avoir
des problèmes psychologiques graves face auxquels on se sent impuissant. » Samuel Gauthier, dix ans de pénitentiaire dont cinq à la maison d'arrêt de Nantes, a vu la population pénale
changer.
À la maison d'arrêt, il y a 405 détenus pour 291 places. 110 surveillants y travaillent. Soit, en journée, un surveillant pour 35 à 40 détenus. « Le fait de se retrouver à quatre ou six
dans la même cellule n'arrange rien. Ça peut dégénérer en conflit souvent pour des raisons futiles. Face à des détenus fragiles psychologiquement, un passage à l'acte est toujours
possible. »
En 2008, la maison d'arrêt a eu à déplorer quatre à cinq agressions physiques ayant entraîné des incapacités de travail d'au moins quatre jours. « Selon nos calculs, il manque au
minimum 700 agents en France. »
Fontenay : 84 détenus pour 35 places
« Nous vivons une situation grave. » L'intersyndicale de la maison d'arrêt de Fontenay (Vendée) a depuis longtemps tiré la sonnette d'alarme. La petite prison vendéenne accueille
84 personnes pour à peine 35 places !
« Nos conditions de travail sont vraiment dégradées, explique Laurent Bachelier, surveillant et délégué Force ouvrière. Nous sommes régulièrement contraints d'installer des
matelas au sol pour accueillir des nouveaux détenus. Nous sommes très inquiets. » Certaines cellules de 10 m2 ont accueilli dernièrement jusqu'à quatre
détenus ! Avec cette surpopulation, les conditions de vie sont déplorables dans cette prison. 90 % du personnel ont annoncé qu'ils participeraient au blocage de
l'établissement.
Le nouveau directeur Fabrice Morot est face à un épineux problème. C'est d'ailleurs le département de la Vendée tout entier qui doit résoudre l'inquiétante question carcérale. La prison de La
Roche-sur-Yon affiche un taux de surpopulation tout aussi alarmant.
Angers : 400 détenus pour 242 places
Dans la vieille maison d'arrêt d'Angers - elle a plus de 150 ans -, les surveillants croulent sous les heures sup'. « En deux mois, février et mars, il a fallu en
assurer 1 550. C'est énorme ! » Anthony, quinze ans de pénitentiaire dont huit à Angers, secrétaire local de l'UFAP, se plaint de la charge de travail. « Les gars
sont fatigués. Ils en ont marre. Certains peuvent travailler de 6 à 8 jours, sans repos. »
Avec une moyenne de 400 détenus pour 242 places, la situation du personnel - une centaine de fonctionnaires dont quatre-vingts surveillants - est très critique. « La surcharge
de travail oblige la plupart à sauter les repos. Et à chaque fois que l'administration renforce nos missions, elle le fait sans nous en donner les moyens. » Le mois dernier, deux
détenus se sont suicidés. « On nous a demandé de renforcer les rondes de nuit. »
Le représentant de l'Ufap estime qu'il faudrait au moins dix postes de plus.