Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 20:27
Emmener son vélo dans le métro, le R.E.R ou le train, pour partir en vacances ou tout simplement aller au travail, est loin d'être chose facile. Les cyclistes qui souhaitent utiliser toutes les potentialités des modes de transport les moins polluants, se heurtent souvent à des problèmes d'aménagement ou à des interdictions temporaires ou permanentes. Ces problèmes et ces interdictions découlent directement de choix économiques de « rentabilité » à court terme et d'un manque d'engagement de la SNCF et de la RATP en faveur de la protection de l'environnement.
Les trains qui ne comportent aucune place réservée aux cycles sont nombreux, la S.N.C.F ou la R.A.T.P faisant le choix de privilégier les voyageurs classiques et à fort potentiel économique, au détriment d'une vrai approche de service public, cherchant à valoriser les choix les plus bénéfiques à l'intérêt général.

Les R.E.R., par exemple, ne sont autorisés aux vélos qu'en dehors des heures de pointes. Aberrant ! Car c'est évidement aux heures de pointe que les besoins de mobilité se font le plus sentir. Les cyclistes sont des travailleurs comme les autres et donc soumis aux mêmes impératifs horaires.
En Ile de France comme ailleurs, la combinaison vélo-transport collectif est une solution efficace, souple, et écologiquement plus responsable, qui permet au cycliste d'augmenter son « rayon de déplacement » tout en conservant l'autonomie nécessaire pour atteindre son objectif, grâce à sa bicyclette. Des efforts ont été notés dans les T.E.R ou certains trains « corail », mais ces efforts restent sporadiques et en Ile de France on est encore très loin de la souplesse nécessaire.
Au niveau nation, la logique du « Tout T.G.V », qui n'a cessée de s'amplifier ces dernières années, est caractéristique de l'évolution de la politique des transports en France. Nous allons plus vite, plus loin, mais sans nous soucier des étapes intermédiaires et des populations qui se trouvent entre les gros nœuds de communications. Cette logique a entraîné la disparition de nombreuses gares de proximité, provoquant un isolement des habitants des zones rurales ou reculées. Entre des gares de plus en plus loin et des trains que prennent de moins en moins facilement les vélos, beaucoup de voyageurs se retrouvent dans l'obligation d'acquérir et utiliser des véhicules motorisés.
De même, l'impossibilité de réserver facilement une place pour son vélo dans les trains, le manque d'information disponible sur ce sujet, à la fois pour les usagers et pour les agents de la SNCF, décourage beaucoup de vacanciers d'emporter leur bicyclette.
Il est temps que les grandes entreprises nationales de transport prennent réellement en compte le besoin de ceux qui souhaitent combiner transport collectif et vélo, parce que c'est plus pratique, moins cher, et écologiquement plus responsable, que l'utilisation d'un véhicule motorisé individuel.


Pour aller dans ce sens Vélorution soutient:

- L'aménagement de tous les trains d'Ile-de-France pour permettre leur accès permanent aux bicyclettes sans inconvénient pour les voyageurs,
- La mise en place de stationnements vélos réellement adaptés, aux alentour des gares et des nœuds de communication: Parking surveillés, abris à vélos, places plus nombreuses.
- la mise en place d'aménagements plus nombreux pour les cyclistes, poussettes et personnes à mobilité réduite qui souhaitent accéder aux transports en communs.
- La réhabilitation des gares de proximité
- La mise en œuvre d'une réelle politique en faveur du transport des vélos par la SNCF : information et réservation sur Internet, création d'espace de transport des vélos dans toutes les rames devant être rénovées, mise en cohérence de l'offre de transport de vélo etc.


contact@velorution.org

http://www.velorution.org/articles/

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /Juin /2009 19:23
"La position pronucléaire de M. Arthus-Bertrand est d'autant plus indéfendable que, interviewé sur France Inter, il vient de faire un aveu crucial : le maire de Bordeaux Alain Juppé lui a confié que, lors de la tempête de décembre 1999, l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) avait été si grave que les autorités avaient été à deux doigts de faire évacuer la ville de Bordeaux."

Extrait du blog environnement de Libération http://environnement.blogs.liberation.fr, 3 juin 2009.

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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 21:25
Le MDRGF est assigné en justice pour avoir réalisé et publié des analyses de pesticides dans le raisin de table vendus dans certains supermarchés !!!

C'est la liberté d'expression des contre -pouvoirs qui est aujourd'hui attaquée !! 

Assigné en justice pour avoir analysé des raisins ! DIFFUSEZ CETTE INFO DANS VOS RESEAUX !!
Le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures est aujourd’hui assigné devant le Tribunal de Grande Instance de Paris par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table. Cette Fédération de producteurs de la FNSEA nous assigne pour un soit disant dénigrement du raisin de table suite à la publication d’analyses (1) de résidus de pesticides dans des raisins de tables vendus dans des supermarchés réalisées en novembre 2008 avec quatre autres associations européennes !

La Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table (FNPRT) nous demande la somme astronomique de 500 000 Euros pour dénigrement !

Cette attaque scandaleuse vise simplement à nous faire taire car notre travail dérange beaucoup tous ceux qui voudraient que rien ne change dans les pratiques agricoles polluantes actuelles.

Aujourd'hui c'est la survie même de notre association qui est menacée. Pire encore, c'est la liberté que tout contre pouvoir citoyen a dans ce pays de pouvoir réaliser et publier un travail d'information qui est mise en cause !

On nous fait aujourd'hui un procès pour nous faire taire, comme aux Etats Unis ou au Canada des entreprises intentent des 'poursuites baïllons' (2) contre leurs opposants depuis des années déjà !

Il est urgent de réagir ! C'est ce qu'on déjà fait plusieurs personnes regroupées dans une association de soutien : Ensemble pour les Générations Futures. Cette association a mis en ligne ce jour un site dédié au soutien au MDRGF : 
http://www.generations-futures.org

Sur leur site http://www.generations-futures.org vous trouverez toutes les informations concernant ce procès et aussi comment faire pour nous soutenir. Vous y trouverez aussi les noms de ceux qui, de Jean Marie Pelt à Jacques Testard ou de Serge Orru à Pascal Husting ou Alain Bougrain Dubourg nous soutiennent déjà. Rejoignez les vite et signez et faites signer l'Appel à soutien sur le site http://www.generations-futures.org

Vous pouvez aussi nous soutenir en adhérant ou en donnant au MDRGF . Renvoyez le bon d'adhésion ci dessous dès maintenant ou allez vite à la page soutien de notre site : http://www.mdrgf.org/soutien1.html

A bientôt à nos côtés pour défendre la liberté d'expression et d'information dans ce pays ! Nous avons besoin de vous !

DIFFUSEZ CETTE INFO DANS VOS RESEAUX !!

1 :
http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html
2 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Poursuite_strat%C3%A9gique_contre_la_mobilisation_publique

Pour soutenir et adhérez au MDRGF : www.mdrgf.org

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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 21:21

 

- Tribune libre - 09 juin 09 : Greenday en Europe…

par Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement


Il est des résultats électoraux qui illustrent une réalité que de longs discours ne sauraient mettre en lumière. La poussée des écologistes dans un grand nombre de pays européens marque une prise de conscience qui ne peut que nous emplir de joie. Joie d’autant plus grande qu’en période de crise économique et sociale, un réflexe bien naturel aurait pu entrainer certains électeurs à choisir entre sauvegarde de l’emploi et protection de l’environnement, privilégier le quantitatif aux dépends du qualitatif.

 

 

Le score des écologistes démontre au contraire que les vieilles oppositions entre environnement et développement, économie et écologie ont vécu. Désormais, les responsables politiques nationaux et européens devront accepter que les crises ne soient plus traitées de façon parcellaire et arbitraire ; qu’au contraire elles interagissent et s’amplifient l’une l’autre et qu’elles doivent donc faire l’objet d’un traitement systémique.

 

A ce titre, les plans de relance impulsés par l’Etat français versant des sommes faramineuses à des acteurs économiques sans que cet argent public soit le moins du monde conditionné au respect d’objectifs écologiques sont une formidable occasion manquée d’encadrer un marché qui n’a pas fait la preuve irréfutable de sa lucidité et de sa clairvoyance. La main invisible du marché continuera donc à étrangler notre planète et notre climat.

 

Bien qu’il soit toujours malaisé d’expliquer un vote et un résultat électoral, il nous faut constater qu’il existe désormais une aspiration des citoyens européens à l’action et à la mise en œuvre de réglementations écologiques. Les propos fumeux et belles promesses toujours remises à des lendemains qui chantent de plus en plus faux ne font plus guère illusion. A titre d’exemple, le Grenelle de l’environnement qui a pu faire naître un espoir se solde par une multiplication des projets anti-écologiques : nucléaire, pesticide, autoroutes, antennes relais, incinérateurs… cette liste malheureusement non-exhaustive est la preuve concrète d’un double-discours de la puissance publique qui semble être devenu une deuxième nature.

 

A contrario, les électeurs semblent avoir choisi d’envoyer au Parlement européen des député-es qui ne se payent pas de mots et dont la crédibilité a été acquise dans l’action militante et non sur les seuls plateaux de télévision. La victoire de la mobilisation citoyenne est une première étape qu’il s’agit désormais de transformer pour lui donner une consistance durable. Nous y sommes prêts !

Publié dans : PROGRES OU PIB ?
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 21:16

Installée en yourtes dans les Cévennes... en état d’expulsion !

Ce n’est pas aux yourtes de s’adapter au code, mais au code de s’adapter aux yourtes. Et donc aux usages de ceux qui les utilisent et y habitent.

Les yourtes existent depuis trois mille ans et n’ont pas attendu le législateur Français, qui ne connait que la pierre et la propriété, pour offrir un toit à des familles entières.

Nous sommes en train de créer, par la force de la nécessité, cet usage en France.

Habiter en yourte n’est pas une fin en soi, mais une modalité d’exister. Devant la réalité des faits, le code de l’urbanisme devrait légaliser une pratique légitime, en reconnaissant un statut de logement à la yourte, puisque cet habitat n’a plus à faire la preuve, largement étayée à travers les époques et les régimes politiques, de son utilité, son efficacité, sa fonctionnalité et son adéquation comme foyer humain..

Les occidentaux qui se réfugient aujourd’hui sous des yourtes doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits et devoirs que les habitants de logements de souche, tout en conservant un statut préservé et simplifié du fait de la nature particulière de ce logement qui reste une tente, c’est à dire une installation légère et réversible.

Sylvie Barbe, divorcée, mère de trois enfants, trois fois grand-mère, 54 ans.


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Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /Juin /2009 21:25

Propaganda : Comment manipuler l'opinion en démocratie ?

de Normand Baillargeon (préface) et Edward Bernays (auteur), éditions Broché

Présentation de l'éditeur
Un document édifiant où l'on apprend que la propagande politique au XXe siècle n'est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine. Texte présenté par Normand Baillargeon, philosophe, professeur à l'université du Québec à Montréal, et auteur d'un Petit cours d'autodéfense intellectuelle paru chez Lux en 2007.

Biographie de l'auteur
Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, fut l'un des pères fondateurs des "relations publiques". Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.
Publié dans : Références utiles (films, livres,....)
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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 22:03
Nantes : 405 détenus pour 291 places

 


« Les menaces de mort, les insultes, c'est quotidien. On rencontre beaucoup de détenus qui ont des problèmes d'addictions (drogues, alcool...). Et ils sont de plus en plus nombreux à avoir des problèmes psychologiques graves face auxquels on se sent impuissant. »
Samuel Gauthier, dix ans de pénitentiaire dont cinq à la maison d'arrêt de Nantes, a vu la population pénale changer.

À la maison d'arrêt, il y a 405 détenus pour 291 places. 110 surveillants y travaillent. Soit, en journée, un surveillant pour 35 à 40 détenus. « Le fait de se retrouver à quatre ou six dans la même cellule n'arrange rien. Ça peut dégénérer en conflit souvent pour des raisons futiles. Face à des détenus fragiles psychologiquement, un passage à l'acte est toujours possible. »

En 2008, la maison d'arrêt a eu à déplorer quatre à cinq agressions physiques ayant entraîné des incapacités de travail d'au moins quatre jours. « Selon nos calculs, il manque au minimum 700 agents en France. »


Fontenay : 84 détenus pour 35 places


« Nous vivons une situation grave. »
L'intersyndicale de la maison d'arrêt de Fontenay (Vendée) a depuis longtemps tiré la sonnette d'alarme. La petite prison vendéenne accueille 84 personnes pour à peine 35 places !

« Nos conditions de travail sont vraiment dégradées, explique Laurent Bachelier, surveillant et délégué Force ouvrière. Nous sommes régulièrement contraints d'installer des matelas au sol pour accueillir des nouveaux détenus. Nous sommes très inquiets. » Certaines cellules de 10 m2 ont accueilli dernièrement jusqu'à quatre détenus ! Avec cette surpopulation, les conditions de vie sont déplorables dans cette prison. 90 % du personnel ont annoncé qu'ils participeraient au blocage de l'établissement.

Le nouveau directeur Fabrice Morot est face à un épineux problème. C'est d'ailleurs le département de la Vendée tout entier qui doit résoudre l'inquiétante question carcérale. La prison de La Roche-sur-Yon affiche un taux de surpopulation tout aussi alarmant.


Angers : 400 détenus pour 242 places


Dans la vieille maison d'arrêt d'Angers - elle a plus de 150 ans -, les surveillants croulent sous les heures sup'. « En deux mois, février et mars, il a fallu en assurer 1 550. C'est énorme ! » Anthony, quinze ans de pénitentiaire dont huit à Angers, secrétaire local de l'UFAP, se plaint de la charge de travail. « Les gars sont fatigués. Ils en ont marre. Certains peuvent travailler de 6 à 8 jours, sans repos. »

Avec une moyenne de 400 détenus pour 242 places, la situation du personnel - une centaine de fonctionnaires dont quatre-vingts surveillants - est très critique. « La surcharge de travail oblige la plupart à sauter les repos. Et à chaque fois que l'administration renforce nos missions, elle le fait sans nous en donner les moyens. » Le mois dernier, deux détenus se sont suicidés. « On nous a demandé de renforcer les rondes de nuit. »

Le représentant de l'Ufap estime qu'il faudrait au moins dix postes de plus.


Ouest-France

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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 21:47


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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 21:21

L’industrie agro-alimentaire a créé des usines à virus, par Johann Hari
4 mai 2009*

 Tout comme Mike Davis, Johann Hari met en accusation les méthodes de l’industrie 
agro-alimentaire qui favorisent les épidémies virales. Les exploitations 
qui confinent ensemble des milliers d’animaux stressés, souvent blessés et 
malades, dans des conditions déplorables, sont des terrains de 
prédilection pour les mutations et les évolutions rapides des virus. Ces 
fermes sont « l’environnement parfait pour les souches résistantes », 
souligne un responsable sanitaire américain qui avertit que « si l’on 
voulait créer une pandémie mondiale, il faudrait construire autant que 
possible de ce type de fermes. » Les modes d’élevages plus traditionnels, 
donnant des animaux plus robustes, élevés en moins grand nombre, 
constituaient des barrières de fait à la propagation des virus, rappelle 
Johann Hari, qui note que les épisodes viraux se sont multipliés en 
parallèle avec l’industrialisation croissante de l’élevage.

Par Johann Hari, The Independent, 1er mai 2009

 Un nombre croissant de scientifiques estime que, non, cette grippe porcine 
n’est pas survenue accidentellement. Ils affirment au contraire que cette 
pandémie globale - et toutes les morts qui vont suivre - est une 
conséquence directe de la demande de viande bon marché. Serait-ce donc la 
manière dont nous produisons cette viande qui nous rend malades comme des 
cochons ? A première vue, cela a l’air absurde. De tous temps, les virus 
ont muté, et ils ont parfois pris des formes dangereuses, fauchant alors 
les vies humaines. C’est une réalité à laquelle on ne peut échapper, comme 
les tsunamis ou les tremblements de terre. Mais de plus en plus, les 
données scientifiques suggèrent que nous avons involontairement inventé 
une méhode artificielle d’accélérer l’évolution de ces virus mortels - et 
de les disperser à travers le monde. Il s’agit des élevages industriels, 
produisant de la viande à bon compte, avec en prime, des virus qui se 
propagent.

 Pour comprendre comment tout ceci est arrivé, il faut comparer deux types 
de fermes. Mes grand-parents avaient une porcherie dans les montagnes 
suisses, avec tout au plus 20 porcs à la fois. Que serait-il arrivé, si 
dans les intestins de l’un de ces porcs, un virus avait muté et pris une 
forme plus mortelle ? Le virus aurait rencontré en chemin la vigoureuse 
résistance du système immunitaire des porcs. Ces animaux vivaient en plein 
air, sans stress et avec une alimentation qui leur convenait - ils avaient 
donc une robustesse leur permettant de résister. Si le virus s’était 
installé, il ne serait pas allé plus loin que là où le cochon infecté ne 
le pouvait. Ainsi, le virus ne disposait que de 20 autres porcs alentour 
pour se développer et y muter - et atteindre le terme de son évolution 
avant de s’éteindre.

 Un virus vraiment chanceux et aventureux pouvait sans doute aller 
rejoindre le marché au bestiaux et s’attaquer à d’autres petits groupes de 
porcs en bonne santé. Mais il avait très peu de chances de se propager sur 
une importante population porcine ou d’évoluer vers un type de virus 
transmissible aux humains.

 Comparons maintenant avec ce qui se passe quand un virus évolue dans un 
grand élevage moderne. Dans la plupart de ces porcheries industrielles, 6 
000 porcs sont entassés museau contre museau dans des cages étroites où 
ils peuvent à peine bouger, et sont nourris en permanence d’une espèce de 
bouillie artificielle, vivant au dessus de leurs propres immondices.

 Au lieu de n’avoir que 20 porcs dans lesquels se développer, le virus en a 
maintenant des milliers, qui sans arrêt s’infectent et se réinfectent les 
uns les autres. Il peut se combiner et se recombiner. L’ammoniac du lisier 
au dessus duquel ils vivent brûle les voies respiratoires des porcs, 
rendant ainsi plus facile l’accès des virus. Autant dire que le système 
immunitaire de ces porcs est en chute libre. Ils sont stressés, déprimés 
et en panique permanente, et sont bien plus aisément victime de l’infection. 
Il n’y a ni air frais, ni lumière du jour pour renforcer leur défenses 
naturelles. Ils vivent dans un air chargé de virus, et ils y sont exposés 
chaque fois qu’ils respirent.

 Comme l’explique le Docteur Michael Greger, responsable du secteur Santé 
Publique et Agriculture Animale de la Humane Society, aux Etats-Unis : « 
rassemblez tout ceci, et vous créez un environnement parfait pour ces 
souches résistantes. Si on voulait créer une pandémie mondiale, il 
faudrait construire le plus d’élevages industriels possible. Voilà 
pourquoi le développement de la grippe porcine n’est vraiment pas une 
surprise pour les professionnels de la santé publique. En 2003, l’American 
Public Health Association - la plus ancienne et la plus importante au 
monde - a appelé à un moratoire sur les élevages industriels parce qu’elle 
entrevoyait que quelque chose allait arriver. Il faudra sans doute quelque 
chose d’aussi sérieux qu’une pandémie pour nous faire prendre conscience 
du coût réel de l’élevage industriel. »

 De nombreuses études détaillées sur les élevages industriels qui sont 
parues ces dernières années viennent appuyer cet avis. Le docteur Ellen 
Silbergeld est professeur des sciences de la santé environnementale à la 
Johns Hopkins University. Elle m’a indiqué que ses études détaillées, 
proches du terrain l’ont amenée à la conclusion qu’il y a un « lien très 
fort » entre les élevages industriels et les nouvelles formes de grippe 
plus puissantes que nous connaissons aujourd’hui. « Au lieu que le virus 
ne dispose que d’un seul essai sur la roulette [évolutive], il en a des 
milliers et des milliers, pour le même prix. C’est ce qui détermine l’évolution 
de nouvelles maladies. »

 Hier encore, on ne pouvait que spéculer sur l’origine du virus mortel 
H1N1 - mais aujourd’hui on en sait davantage. Le centre d’informatique 
biologique de la Columbia University a analysé les virus et estime 
maintenant qu’il n’y a pas émergence d’un triple virus de grippe aviaire 
porcine et humaine. C’est une variante proche d’une souche connue 
précédemment. On peut étudier son arbre généalogique - et son aieul était 
un virus qui a muté dans l’environnement artificiel d’un grand élevage 
industriel en Caroline du Nord.

 Est-ce que cette nouvelle souche a également muté dans les mêmes 
circonstances ? On est tenté de le croire aujourd’hui, mais il est 
difficile de conclure. Nous savons que la ville où la grippe porcine s’est 
déclarée au départ - Perote, au Mexique - abrite une énorme ferme 
industrielle, et compte 950 000 porcs. Le Dr Silbergeld ajoute : « les 
élevages industriels n’offrent aucune sécurité sur le plan biologique. Il 
y a des gens faisant des allées et venues sans arrêt. Si vous vous tenez à 
quelques kilomètres sous le vent d’un élevage industriel, vous pouvez 
facilement attraper des virus pathogènes. Et le lisier n’est pas toujours 
éliminé. »

 Ce n’est pas par hasard si l’on a assisté pendant les dix dernières années 
à une explosion de nouveaux virus, précisément au moment où l’élevage 
industriel s’est tellement développé. Par exemple, entre 1994 et 2001, le 
pourcentage de porcs américains qui vivent et meurent dans d’immenses 
fermes industrielles a grimpé de 10% à 72%. La grippe porcine, qui était 
stable depuis 1918, a soudain pris un essor extraordinaire pendant cette 
période.

 Quel maux allons-nous nous infliger pour cause de viande à bas prix ? Nous 
savons que la grippe aviaire s’est développée dans les très grands 
poulaillers industriels. Et nous savons que l’usage massif de nourriture 
animale pleine d’antibiotiques a donné naissance à une nouvelle sorte de 
staphylocoque doré résistant [1] . C’est un procédé simple, horrible. Le 
meilleur moyen de maintenir en vie ces animaux est de les gaver d’antibiotiques. 
Mais ceci a généré un combat au corps à corps avec les bactéries, qui 
deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques - d’où émergent 
enfin de compte des virus super-forts, invulnérables à nos armes 
médicales. Ce système a engendré un nouveau genre de staphylocoque doré, 
responsable maintenant de 20% des infections humaines dues aux virus. Sir 
Liam Donaldson, le Médecin Chef du gouvernement britannique, met en garde 
: « chaque usage inapproprié [des antibiotiques] pour les animaux ou en 
agriculture représente une condamnation à mort potentielle pour un futur 
patient. »

 Bien entendu, l’industrie agroalimentaire tente désespérément de nier que 
tout ceci soit vrai : leurs résultats financiers dépendent du maintien sur 
ses rails de ce système bancal. Mais lorsque l’on prend en compte le coût 
de toutes les maladies et pandémies, cette viande à bon marché se révèle 
soudainement être une illusion. Nous avons toujours su que l’élevage 
industriel était une faute sur la conscience de l’humanité - mais nous 
craignons désormais que ce ne soit aussi le cas pour notre santé. Si nous 
poursuivons dans cette voie, la grippe aviaire et la grippe porcine ne 
seront que les premières manifestation d’un siècle de mutations de virus.

 Maintenant que nous sommes les témoins d’une pandémie globale, balayant le 
monde, nous devons mettre un terme à ces fabriques de virus - avant qu’elles 
ne mettent fin à de nombreuses vies humaines.

 Sur le web :

 Guardian : The swine flu crisis lays bare the meat industry’s monstrous 
power, par Mike Davis

 Chicago Tribune : L’enfer des porcs

 -- 
Daniel GILBERT
 Professeur, Écologie microbienne


Liens vers des rapports scientifiques :

(1)Rapport de bio-surveillance retraçant la maladie vers une ferme de Smithfield (tous les rapports sont en anglais):
http://biosurveillance.typepad.com/biosurveillance/2009/04/swine-flu-in-mexico-timeline-of-events.html

Rapports sur le lien entre la méga-porcherie mexicaine et la grippe : http://www.independent.co.uk/life-style/health-and-wellbeing/health-news/for-la-gloria-the-stench-of-blame-is-from-pig-factories-1675809.html

http://www.latimes.com/features/health/la-fg-mexico-flu28-2009apr28, 0,1701782.story

http://www.scientificamerican.com/podcast/episode.cfm?id=can-swine-flu-be-blamed-on-industri-09-05-01

http://www.newscientist.com/article/mg20227063.800-swine-flu-the-predictable-pandemic.html?full=true

(3)Rapports de la FAO, CE et CDC sur les risques de la production agro-alimentaire industrielle sur la santé publique:
FAO
CIWF
www.cdc.gov/cafos/about.htm

(4)Rapport sur la santé animale et les dommages environnementaux de Smithfield: http//:www.independent.co.uk/life-style/health-and-wellbeing/health-news/for-la-gloria-the-stench-of-blame-is-from-pig-factories-1675809.html

http://www.foodandwaterwatch.org/press/releases/new-report-highlights-the-trouble-with-smithfield-article03132008

http://avaazimages.s3.amazonaws.com/SmithfieldJan08.pdf

(5)Rapports sur les payeurs de taxes britanniques qui subventionnent les fermes-usine:
http://www.telegraph.co.uk/earth/agriculture/farming/5225298/Taxpayers-forking-out-700-million-for-factory-farming-in-England.html

 








 

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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 19:18

De l'usage de l'Utopie

"L'Homme n'est capable de réaliser que des modèles utopiques. Ces modèles sont irréalisables tels qu'il les a imaginés et il s'en aperçoit aussitôt qu'il tente de les réaliser. L'erreur de jugement et l'erreur opérationnelle consistent alors à s'entêter dans la réalisation de l'irréalisable, et de refuser l'introduction dans l'équation des éléments nouveaux que la théorie n'avait pas prévus et que l'échec a fait apparaître ou que l'évolution des sciences, et plus simplement encore des connaissances humaines, permet d'utiliser, entre le moment où le modèle a été imaginé et celui où la réalisation démontre son inadéquation au modèle. Ce n'est pas l'Utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l'évolution. C'est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance."

Citation d'Henri Laborit dans "L'Éloge de la fuite" (Éditions Gallimard - 1985)

Vu sur http://www.lacausedupeuple.com/documentaires/2008/08/14/henri-laborit-eloge-fuite


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